Nature de la joie
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Alors, cette joie ?
Non pas celle exubérante
de la rigolade,
mais celle qui remplit le cœur
au matin quand il révèle

le regard limpide
d'un soleil resplendissant,
sur son horizon,
pour un travail à venir
dans le respect créatif.

Merci de la grâce,
non pas celle du vainqueur,
au jour du triomphe,
sur le vaincu enchaîné
par les vociférateurs.

Mais l'autre, en réponse
au grincement des serrures,
à la levée d'écrous,
quand l'horizon se libère
des confins de nos cellules.

Au pinceau du peintre
qui tamise la lumière,
en garde les macles
pour les sertir dans son œuvre,
en longs rejaillissements.

Aux rabots et scies
du menuisier, amoureux
du bois travaillé,
pour en assembler ses meubles,
où ranger notre penille.

Au jour du concert,
celle à quatre mains qu'on joue,
pour la partager,
par amour de la musique,
et la vouer au vivre -ensemble.

Joie d'humilité
surtout, quand le savoir faire
se fait oublier,
au regard de la vision,
ébloui par la beauté.

 

10.08.18