Économie locale
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La ville sommeille,
épuisée par ses combats.
Survivre au progrès
n'est pas une tâche aisée
pour qui prend soin de son âme.

Au bord de son fleuve,
un fleuve qu'on dit côtier,
de peu d'ambition,
mais libre, et parfois colère,
quand s'épanchent les voisins.

La mer n'est pas loin,
le port n'est plus d'échouage.
Le bassin à flot
abrite les fantaisies
des touristes de passage.

Au siècle dernier,
un canal franchit le fleuve,
au gré des péniches.
Plus tard le chemin de fer
a coupé la ville en deux.

La rue commerçante
a supplanté l'abbaye.
A l'Hôtel de Ville,
les notables ont tenté
d'entretenir le progrès.

Les industriels
ont poussé leurs avantages.
La ville a paru
prospère aux yeux des campagnes.
Mais le capitaux manquaient.


Les profits modestes
parurent insuffisants
aux maîtres de forge.
Ils investirent ailleurs.
Le travail manqua bientôt.

Quand l'agriculture
eut besoin de moins de bras,
le chômage crut.
Et la ville s'endormit
dans les bras de sa campagne.

Restait la culture.
Ce furent les bénévoles
et les retraités
qui se mirent à l'ouvrage
pour sauver la part des rêves.

27.08.18