Autogestion (1)
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« Vivre, travailler
et décider au Pays ! »
Que voulions nous dire
lorsque nos pas martelaient
les rues, les champs d'espérance ?

« L' Ouest veut vivre !» Un cri
qui dépassait l'horizon
de nos utopies,
pour rejoindre les misères
du progrès accumulé.

Nous avions conscience
d'être les abandonnés,
ou laissés pour compte,
de la pensée méprisante
des anciens premiers de classe.

Et nos défilés
se vivaient comme revanche
des distributions
des prix, des « discours d'usage »,
points d' orgue en scolarité.

Et les lauréats,
montés à Paris, avaient
pris les bonnes places
pour nous donner des leçons,
nous laisser les rogatons.

Vivre était pour nous
la volonté d'être libres
entouré d'égaux
avec qui tisser les liens
des chaudes fraternités.


Travailler surtout,
avoir « de-quoi » à manger :
Le juste salaire
d'une tâche à accomplir
et de grande utilité.

Décider enfin !
« Cerise sur le gâteau ! »
Là était l'erreur.
Car nous remettions en cause
Paris et sa gouvernance,

pour un Pays gueux,
pour un peuple de glèbeux,
« Si peu d'importance !... »
Nous ne faisions pas le poids.
Pour nous n'était pas le droit.

Même si le nombre
était de notre côté.
Il eût fallu l'âme
d'un peuple de communion
pour briser l'image folle

 

de la vaine idole
et ressaisir dans nos mains
les rameaux divins
de la paix , notre ambition,
pour le devenir humain.

20.08.18